dimanche 10 novembre 2013

Valoriser la langue et la culture occitanes à Marseille

OUI aux moyens pour le développement de la culture d’OC
L’institutionnel ne suffit pas par lui-même
L’économique en dernière instance répondra aux revendications démocratique.

La commune est le lieu de démocratie le plus proche des citoyens et la volonté d’élus municipaux de respecter et développer le droit des habitants à défendre et pratiquer la ou les cultures de leur choix peut y trouver des échos et surtout des moyens.

Quels obstacles se présentent pour empêcher la manifestation d’une telle volonté démocratique ?

Ce peut être tout d’abord une volonté d’ostracisme. La culture d’Oc en a souvent été victime, en particulier de la part d’une classe dominante (et de ses relais), qui se refusait à prendre en considération tout ce qui ne lui paraissait pas utile à son propre développement. Par la suite, lorsque la revendication occitaniste s’est développée et a pris en compte la nécessité du lien entre développement économique et développement culturel, cet ostracisme s’est transformé en promesses démagogiques dans le sens du poil de l’électeur afin de dissimuler une conviction contraire à la revendication.

Mais cet ostracisme n’a pas été le fait de tous les élus, même si la politique économique antisociale et ses effets sur la culture ont été largement partagés par les tenants du néolibéralisme patronal et leurs complices conscients ou non.


Le rassemblement pour la culture occitane n’a pas d’avenir national au moment où les aires économiques tendent à s’élargir et se mondialiser non du seul fait d’une volonté politique, mais simplement du développement de la révolution scientifique et technique néolibéralisée avec ses effets sur l’organisation des forces productives, et en premier de la négation des droits du producteur.

Le rassemblement recherché doit être le plus large possible, car de nombreux élus quelquefois hostiles autrefois idéologiquement, aux cultures dites régionales ou minoritaires, le sont de moins en moins. C’est que les mentalités évoluent pour ces cultures comme pour toutes les libertés. Cas par exemple du mariage pour tous. Les langues d’intercommunication , véhiculaires et langues régionales, vernaculaires, doivent pouvoir bénéficier des mêmes droits de développement sans préjuger de leur passé ou de leur futur historique.

Cependant la question des moyens reste entière. Car les communes sont de plus en plus étouffées par le transfert des charges de l’État vers les collectivités locales.

Enfin la suraccumulation des capitaux et leur dévalorisation, avec la crise capitaliste aujourd’hui accélérée, ainsi que la baisse tendancielle du taux de profit renflouée par la spéculation, s’aggrave au point de limiter jusqu’à l’étranglement la satisfaction des besoins matériels et moraux dont fait partie la revendication culturelle occitane.

Les marges de manœuvre diminuent quelle que soit la bonne volonté d’un élu, et la démocratie locale a besoin de s’exprimer culturellement et économiquement au niveau de l’État français, de l’Europe et de toute structure dont dépendent les décisions éconmiques.

Ainsi, l’échelon local, essentiel, doit pouvoir exprimer des revendications mondiales telles qu’une autre gestion politique du crédit financier afin que les moyens financiers ne soient pas confisqués par les banques privées au service du capital national et mondial.

Un organisme de la culture d’Oc, interrégional, démocratiquement élu par l’intermédiaire des régions et sur une base pluraliste, sans la confiscation antidémocratique que subissent notamment les organisations politiques et syndicales au niveau des médias, constitue l’un des points capitaux pour définir les objectifs et les moyens de développement de la culture d’Oc.

Si en dernière instance, un tel organisme se heurte comme tous les lieux de démocratie, à une crise entretenue par des choix politiques néolibéraux avec l’austérité qui en résulte, le mur ne pourra s’entrouvrir que vers plus de culture unique comme de pensée unique et de régression économique et sociale.

Les candidats aux municipales qui refuseront cette boussole antilibérale, se priveront eux-mêmes, volontairement ou pas, des moyens d’action concernant la culture d’Oc comme de toute autre question de développement humain.

L’occitanisme ne peut rester spectateur d’une telle orientation néolibérale. Il se privera de même de ces moyens d’action et handicapera par le même occasion toute autre revendication sur tout autre champ de réflexion et d’action. Il ne s’agit pas seulement de « mettre au pied du mur » tel ou tel responsable à élire ou élu. Il s’agit d’un acte commun de large rassemblement pour l’action où chacun apportera selon ses moyens et pas seulement « les moyens des autres », et selon ses propres aspirations

Glaudi BARSOTTI

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