OUI aux moyens pour le développement de la culture d’OC
L’institutionnel ne suffit pas par lui-même
L’économique en dernière instance répondra aux revendications démocratique.
La
commune est le lieu de démocratie le plus proche des citoyens et la
volonté d’élus municipaux de respecter et développer le droit des
habitants à défendre et pratiquer la ou les cultures de leur choix peut y
trouver des échos et surtout des moyens.
Quels obstacles se présentent pour empêcher la manifestation d’une telle volonté démocratique ?
Ce
peut être tout d’abord une volonté d’ostracisme. La culture d’Oc en a
souvent été victime, en particulier de la part d’une classe dominante
(et de ses relais), qui se refusait à prendre en considération tout ce
qui ne lui paraissait pas utile à son propre développement. Par la
suite, lorsque la revendication occitaniste s’est développée et a pris
en compte la nécessité du lien entre développement économique et
développement culturel, cet ostracisme s’est transformé en promesses
démagogiques dans le sens du poil de l’électeur afin de dissimuler une
conviction contraire à la revendication.
Mais cet
ostracisme n’a pas été le fait de tous les élus, même si la politique
économique antisociale et ses effets sur la culture ont été largement
partagés par les tenants du néolibéralisme patronal et leurs complices
conscients ou non.
Le rassemblement pour la culture
occitane n’a pas d’avenir national au moment où les aires économiques
tendent à s’élargir et se mondialiser non du seul fait d’une volonté
politique, mais simplement du développement de la révolution
scientifique et technique néolibéralisée avec ses effets sur
l’organisation des forces productives, et en premier de la négation des
droits du producteur.
Le rassemblement recherché doit
être le plus large possible, car de nombreux élus quelquefois hostiles
autrefois idéologiquement, aux cultures dites régionales ou
minoritaires, le sont de moins en moins. C’est que les mentalités
évoluent pour ces cultures comme pour toutes les libertés. Cas par
exemple du mariage pour tous. Les langues d’intercommunication ,
véhiculaires et langues régionales, vernaculaires, doivent pouvoir
bénéficier des mêmes droits de développement sans préjuger de leur passé
ou de leur futur historique.
Cependant la question des
moyens reste entière. Car les communes sont de plus en plus étouffées
par le transfert des charges de l’État vers les collectivités locales.
Enfin
la suraccumulation des capitaux et leur dévalorisation, avec la crise
capitaliste aujourd’hui accélérée, ainsi que la baisse tendancielle du
taux de profit renflouée par la spéculation, s’aggrave au point de
limiter jusqu’à l’étranglement la satisfaction des besoins matériels et
moraux dont fait partie la revendication culturelle occitane.
Les
marges de manœuvre diminuent quelle que soit la bonne volonté d’un élu,
et la démocratie locale a besoin de s’exprimer culturellement et
économiquement au niveau de l’État français, de l’Europe et de toute
structure dont dépendent les décisions éconmiques.
Ainsi,
l’échelon local, essentiel, doit pouvoir exprimer des revendications
mondiales telles qu’une autre gestion politique du crédit financier afin
que les moyens financiers ne soient pas confisqués par les banques
privées au service du capital national et mondial.
Un
organisme de la culture d’Oc, interrégional, démocratiquement élu par
l’intermédiaire des régions et sur une base pluraliste, sans la
confiscation antidémocratique que subissent notamment les organisations
politiques et syndicales au niveau des médias, constitue l’un des points
capitaux pour définir les objectifs et les moyens de développement de
la culture d’Oc.
Si en dernière instance, un tel
organisme se heurte comme tous les lieux de démocratie, à une crise
entretenue par des choix politiques néolibéraux avec l’austérité qui en
résulte, le mur ne pourra s’entrouvrir que vers plus de culture unique
comme de pensée unique et de régression économique et sociale.
Les
candidats aux municipales qui refuseront cette boussole antilibérale,
se priveront eux-mêmes, volontairement ou pas, des moyens d’action
concernant la culture d’Oc comme de toute autre question de
développement humain.
L’occitanisme ne peut rester
spectateur d’une telle orientation néolibérale. Il se privera de même de
ces moyens d’action et handicapera par le même occasion toute autre
revendication sur tout autre champ de réflexion et d’action. Il ne
s’agit pas seulement de « mettre au pied du mur » tel ou tel
responsable à élire ou élu. Il s’agit d’un acte commun de large
rassemblement pour l’action où chacun apportera selon ses moyens et pas
seulement « les moyens des autres », et selon ses propres aspirations
Glaudi BARSOTTI
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