Le comité Consultatif pour la promotion des langues régionales s’est réuni le 9 octobre 2013. En voici le compte rendu :
Co-Présidence de MM. Armand JUNG et Paul MOLAC
Audition de Mme Aurélie FILIPPETTI,
Ministre de la Culture et de la Communication
Présents
ou représentés : M. Armand JUNG, M. Paul MOLAC, Mme Sylviane ALAUX, M.
Jean-Pierre ALLOSSERY, M. Christian ASSAF, M. Pierre AYLAGAS, M.
Jean-Luc BLEUNVEN, Mme Colette CAPDEVIELLE, M. Jean-Pierre DECOOL, M.
Pascal DEGUILHEM, Mme Sophie DESSUS, Mme Virginie DUBY-MULLER, Mme
Marie-Hélène FABRE, M. Paul GIACOBBI, M. Denis JACQUAT, M. Laurent
KALINOWSKI, M. Gilbert LEBRIS, Mme Annick LE LOCH, M. Jean-Pierre LE
ROCH, M. Céleste LETT, M. Jean-Luc MOUDENC, M. Hervé PELLOIS, M.
Frédéric REISS, M. Gwendal ROUILLARD, M. André SCHNEIDER, M. Gabriel
SERVILLE, M. Claude STURNI, M. Guy TEISSIER.
M. Nicolas FEAU, conseiller parlementaire ;
Mme
Clarisse MAZOYER, conseillère en charge de la presse, du livre et de la
lecture, de la langue française et des langues de France, et de la
culture scientifique ;
M. Xavier NORTH, Délégué général à la langue française et aux langues de France.
Mme
Aurélie FILIPPETTI, ministre de la Culture et de la Communication,
remercie MM. Armand JUNG et Paul MOLAC, co-présidents du groupe
d’études, de l’avoir invitée.
Elle vient faire part des
réflexions et propositions issues du rapport du Comité consultatif pour
la promotion des langues régionales et de la pluralité linguistique
interne qui lui a été remis le 17 juillet 2013. Elle souhaite expliquer
quelles sont les orientations retenues par le Gouvernement. Elle
souhaite également recueillir les suggestions et points de vue des
parlementaires.
Les langues régionales (LR) ont, par le
passé, fait l’objet de discriminations et de sarcasmes. Beaucoup ont
estimé que la pluralité des langues constituait un obstacle à la
communication.
Leur statut a récemment progressé. En effet, en
contrepoint à l’uniformisation induite par la mondialisation, la
diversité culturelle, notamment linguistique, est devenue le langage
commun des démocraties.
La position du Gouvernement est
donc désormais de considérer la pluralité des langues régionales comme
une richesse et donc de défendre une idée française de la langue, fondée
sur la pluralité. La France a d’ailleurs le patrimoine linguistique le
plus riche d’Europe. Face au danger de disparition de certaines de ces
langues, il en va de la crédibilité de la France, notamment à
l’international, de ne pas exclure les LR du discours sur la pluralité,
notamment au nom de l’égalité, et de travailler à la sauvegarde de
toutes les langues de France.
Depuis la réforme
constitutionnelle de 2008, les LR sont inscrites dans la Constitution 1.
Il s’agit désormais de ne pas nier la différence avec l’autre mais de
reconnaître l’autre parce qu’il est différent au sein d’une même
communauté citoyenne. C’est le lien de la langue française qui fonde le
sentiment d’appartenance. Si la Déclaration des droits de l’homme est
écrite en français, il est important de rappeler que le personnage de
Marianne a été créé en 1792 en langue occitane 2. Avoir une langue
commune ne signifie donc plus parler une langue unique.
La
France a signé de nombreuses conventions internationales ayant pour
objet de sauvegarder et protéger la diversité. Peut notamment être citée
la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des
expressions culturelles de l’UNESCO, adoptée le 20 octobre 2005, dont le
préambule contient des dispositions défendant la diversité
linguistique. De même, l’Union européenne ne se conçoit que dans sa
diversité linguistique. Si l’Union européenne a du mal à respecter ces
principes dans la pratique, en revanche, elle a mis en place de
nombreuses stratégies pour le multilinguisme.
Des études
montrent que la mise en œuvre de politiques volontaristes de défense des
langues entraine des retombées positives sur le développement global
des territoires. En effet, les langues constituent un facteur
d’attractivité pour les échanges transfrontaliers.
Les
français sont très attachés aux identités locales. Pour répondre aux
attentes des français et des élus, le Comité consultatif a donc été
constitué afin de redéfinir la politique linguistique de la France.
Le
Comité consultatif a été conçu, au départ, avec un objectif : trouver
un moyen de ratifier la Charte européenne des langues régionales ou
minoritaires 3. Les réflexions conduites ont abouti à un constat : la
ratification s’avère impossible. Comme il est impossible de modifier la
Constitution sans introduire une incohérence majeure en son sein, le
processus de ratification de la Charte est donc définitivement
abandonné.
Le Comité consultatif s’est alors attaché à rechercher
les modalités d’application concrète des mesures présentes dans la
Charte et conformes à la Constitution. Mme FILIPPETTI remercie les
membres du GE qui ont directement ou indirectement participé aux travaux
du Comité consultatif.
Il s’agit donc aujourd’hui de réfléchir à
la façon de mettre en œuvre les préconisations du Comité consultatif, à
cadre constitutionnel constant.
Mme la ministre rappelle
que la Charte a une portée essentiellement symbolique car les mesures
retenues par la France sont en fait déjà mises en œuvre pour
l’essentiel.
En outre, la Charte commence à être quelque peu
datée puisqu’elle a été rédigée en 1992. En effet, lors de sa rédaction,
il n’était pas possible de prévoir les récentes avancées technologiques
telles que, par exemple, le développement du numérique.
Le
rapport préconise essentiellement de clarifier le droit existant pour
libérer les pratiques : cette position a été retenue par le
Gouvernement. Cela prendra la forme d’un code des langues de France.
Le rapport préconise également un acte juridique fort, en adoptant une
loi, condition d’exercice d’un droit positif.
Si Mme FILIPPETTI
s’interroge sur l’efficacité, et donc l’utilité, d’une loi déclarative,
il lui semble néanmoins nécessaire de récapituler le droit existant.
Elle déclare donc qu’elle fera publier un recueil des lois et règlements
relatifs aux langues de France dans les mois à venir, en attendant que
la codification officielle soit menée par le Secrétariat Général du
Gouvernement (SGG).
Elle rappelle également la nécessité
d’un partenariat entre l’État et les collectivités territoriales au
sujet des LR. Un point d’équilibre est d’ailleurs recherché dans les
textes en cours d’examen. Il convient notamment de confier aux régions
un rôle moteur (mise en place de schémas régionaux de promotion des
LR…). Un Office public de promotion des langues occitanes est, par
exemple, déjà à l’étude.
Mme FILIPPETTI ajoute qu’il
convient également d’agir par des politiques sectorielles.
L’enseignement et les médias sont les deux principaux vecteurs de
transmission. La loi n° 2013-595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de
programmation pour la refondation de l'école de la République est une
étape importante car, pour la première fois, l’enseignement bilingue est
reconnu 4. Reste désormais à recruter les enseignants, tout en tenant
compte du contexte budgétaire actuel.
Concernant les médias, Mme
la ministre souhaite mettre en place un service public de l’audiovisuel
public en langues régionales sur internet, adossé à un fonds public de
soutien. Elle étudie encore la façon dont il pourrait s’articuler avec
France3. La question de la régionalisation de France3 est d’ailleurs au
cœur de cette réflexion. Les collectivités territoriales devraient
pouvoir participer à l’effort de production de contenus en LR. Le
rapport du Comité consultatif suggère de se rapprocher du droit commun
en matière de presse. Mme la ministre partage cette approche.
Dans
le domaine de la culture, elle se dit en faveur de l’application du
droit commun aux LR. Il s’agit par exemple d’ouvrir les aides publiques à
tous les projets en LR et de permettre leur accès dans les grandes
institutions. Concernant les mesures spécifiques, une circulaire sera
prochainement adressée aux services issus du ministère de la Culture et
aux opérateurs culturels de l’État afin de les inciter à avoir recours à
des programmes en LR.
En ce qui concerne la présence des
LR dans les administrations et les services publics, le rapport
préconise d’encourager l’impression bilingue des documents
administratifs,
ainsi que les médiations bilingues. Une
circulaire du Premier ministre destinée aux services de l’État pourrait
préciser ce qu’ils doivent faire ou ne pas laisser faire en ce domaine.
Cela permettrait essentiellement de diffuser les bonnes pratiques.
Le rapport constate deux idées :
Les territoires :
Il
préconise de distinguer la France métropolitaine et les Outre-mer. En
effet, les outre-mer comportent des spécificités linguistiques. Ainsi,
les langues régionales d’outre-mer sont le plus souvent les langues
maternelles des locuteurs. Cela justifie ainsi des mesures distinctes,
un cadre juridique propre, qui est d’ailleurs rendu possible par la
Constitution.
Les langues :
Il convient de
redéfinir la classification des langues (ex : celles parlées uniquement
en France et dont la responsabilité incombe exclusivement à la France ;
les langues transfrontalières…). Plusieurs pistes de réflexions sont
envisagées comme, par exemple, le fait de savoir si une application
différenciée en fonction du poids des langues serait justifiée, la
notion de poids restant alors à définir… Un baromètre des langues de
France pourrait être conduit par un Observatoire des langues au sein de
la Délégation Générale à la Langue Française et aux Langues de France
(DGLFLF). Or, bien souvent, les langues qui « s’expriment le plus »
s’avèrent, paradoxalement, être les moins menacées.
En
conclusion de ses propos, Mme la ministre explique que le but à
atteindre est une complémentarité des efforts pour plus d’efficacité. Il
s’agit de proposer un ensemble de mesures après concertation pour que
soit présent, dans chaque ministère, le souci de la diversité
linguistique. C’est déjà le cas à l’Éducation nationale. Le rôle des
collectivités territoriales est également appelé à augmenter, notamment
grâce à l’application du principe de subsidiarité. Le niveau d’action le
plus pertinent reste désormais à être trouvé. Le rapport du Comité
consultatif rappelle que tout cela doit se faire tout en recherchant
l’indispensable articulation entre l’unité politique de la Nation et la
reconnaissance nécessaire de la diversité culturelle. C’est donc le défi
à relever aujourd’hui.
M. Paul MOLAC remercie Mme la
ministre et explique qu’il partage les valeurs énoncées. En effet, tout
le monde sait aujourd’hui que la reconnaissance des langues régionales
n’affaiblit en rien la France et qu’il ne faut donc pas stigmatiser les
locuteurs de ces langues. Il regrette toutefois que beaucoup de choses
sur le terrain bloquent encore. Il regrette également les réactions de
rejet auxquelles se retrouvent parfois confrontés les locuteurs de ces
langues. Il estime que le législateur devra très prochainement prendre
position sur deux points :
Faire le choix entre une proposition de loi et un projet de loi ;
Décider
de déposer ou de ne pas déposer une proposition de loi
constitutionnelle permettant de ratifier la Charte européenne des
langues régionales ou minoritaires.
M. Armand JUNG
remercie également Mme la ministre pour son intervention. Il regrette
néanmoins que l’engagement 5 pris par le Président de la République,
lorsqu’il était candidat à l’élection présidentielle, ne soit pas suivi
d’effet car cela avait soulevé beaucoup d’espoir parmi les associations.
Il comprend néanmoins qu’il soit difficile d’obtenir la majorité
qualifiée des 3/5. Monsieur JUNG ajoute qu’il est favorable au dépôt
d’une PPL afin de mettre en œuvre les mesures préconisées par le
rapport. Il émet l’idée de créer à l’Assemblée une commission spécifique
pour travailler sur son futur contenu.
M. Jean-Pierre
DECOOL se dit tout à fait favorable à la proposition de M. Jung. Il
ajoute qu’il est cofondateur de l’Institut de la langue régionale
flamande mais déplore le manque de moyens alloués par l’État, malgré
l’adoption de la loi n° 2013- 595 du 8 juillet 2013 d'orientation et de
programmation pour la refondation de l'école de la République. Il
regrette également que la reconnaissance des langues régionales au sein
de cette loi n’ait pas résulté d’une démarche volontariste du
Gouvernement mais d’amendements déposés par les parlementaires. En ce
qui concerne l’application des articles L. 312-10 et L. 312-11 du code
de l’éducation en Flandre, c’est toujours le statut quo et c’est
regrettable. Il demande pourquoi il n’y a pas de moyens pour soutenir
les actions déjà entamées, alors qu’en Flandre, la langue est un vecteur
économique formidable. Enfin, il souhaiterait avoir un éclairage sur la
signalétique bilingue.
M. Paul GIACOBBI ne pense pas que
le fait que l’identité de la France soit multiple menace l’État. Il
estime qu’il convient maintenant de passer du pragmatisme au juridisme.
Le droit d’un peuple de s’exprimer dans sa langue a, pendant longtemps,
été bafoué. Il y a une contradiction entre le comportement de la France à
l’international, ainsi que la place qu’elle accorde désormais à
l’anglais au sein de l’université française, et la façon dont l’État se
comporte vis-à-vis des langues régionales sur son territoire. Pour la
Corse, il souhaiterait que l’on se dirige vers une co-officialité de la
langue corse avec la langue française.
M. Gwendal
ROUILLARD explique que l’apprentissage d’une LR est un outil
d’épanouissement et facilite l’apprentissage des autres langues. Il ne
s’agit donc pas d’un enjeu marginal. Il souhaite attirer l’attention de
la ministre sur le réseau des télévisions locales qui ne devront pas
être oubliées lors des réflexions sur l’avenir de France 3. La région
Bretagne finance déjà les réseaux de télévision locale. Il souhaite
également connaître les méthodes que le Gouvernement entend retenir pour
financer les productions en LR. Enfin, en ce qui concerne
l’enseignement, il s’interroge sur la façon d’inciter et de susciter les
vocations pour devenir enseignants de LR.
M. Pierre
AYLAGAS rappelle que l’enseignement des LR doit être proposé dès le plus
jeune âge pour faciliter leur apprentissage. Il y a donc aujourd’hui un
besoin d’enseignants. Il rappelle également l’importance de la
continuité de cet enseignement dans le secondaire.
M.
Frédéric REISS constate que le travail interministériel est nécessaire.
Le bilinguisme précoce est important. Il trouve l’idée du service public
numérique très bonne mais
ajoute que son articulation avec
France3 reste encore à définir. Enfin, il pense que la récente réforme
des rythmes scolaires se prête parfaitement à l’apprentissage des LR :
reste encore à pouvoir l’organiser en pratique.
M. Pascal
DEGUILHEM déplore que peu de collèges publics proposent un enseignement
bilingue. Ce type d’enseignement est encore essentiellement proposé par
le réseau associatif. Il déplore enfin que les zones rurales soient
désertées au profit des lycées centraux en ce qui concerne l’offre
d’apprentissage.
M. Paul MOLAC confirme en effet qu’il
y a un véritable problème d’option en France. Cela a des conséquences
négatives sur la motivation des adolescents. Il est donc nécessaire de
développer le bilinguisme précoce pour pallier cette démotivation. Cela
rendra l’apprentissage des LR plus légitime et fera bénéficier les
élèves des avantages du bilinguisme précoce, tout en permettant aux
élèves de suivre des cursus complets.
M. Christian ASSAF
remercie le Comité consultatif pour la qualité de son rapport. Il ajoute
que les associations attendent une loi qui démontrerait, non seulement
l’attachement de la France aux LR, mais enlèverait les flous qui
existent les concernant. En outre, il déplore la diminution du nombre de
places au CAPES. Il demande enfin ce qu’il va advenir des radios
locales qui demandent l’ouverture de fréquences.
Mme
Sylviane ALAUX aborde la question du financement des écoles associatives
par immersion évoquées à la page 69 du rapport. Elle explique que des
solutions de contournement sont actuellement utilisées par les
collectivités territoriales pour pouvoir les financer.
Mme
Marie-Hélène FABRE explique que la jeunesse est attachée aux LR.
D’ailleurs, de nombreux jeunes artistes se les approprient. Il y a
aujourd’hui urgence car trop de choses ont été promises par le passé
sans être tenues. Il faut maintenant s’engager à légiférer. Enfin, elle
regrette que les décrets d’application de la loi sur l’école n’aient pas
encore été pris, ainsi que le manque de places au CAPES. Elle souhaite
que cette demande soit transmise au ministre de l’Éducation nationale.
Mme
Colette CAPDEVIELLE souhaite resituer le débat d’aujourd’hui dans le
cadre du débat européen : la Commission européenne est actuellement
interpellée sur un conflit, également évoqué par Mme ALAUX, opposant la
France et les écoles associatives d’enseignement par immersion, sur la
question des financements de l’immobilier. Elle estime qu’il serait
assez intéressant de rapprocher les conclusions du rapport avec celles
du rapport rendu par le Parlement européen sur la défense des langues
régionales européennes en danger pour voir ce qu'il est possible de
faire et de défendre sur le plan européen. Elle trouve également
dépassé d’appliquer encore aujourd’hui la loi Falloux de 1850. En outre,
elle estime que l’idée de faire un code ne consiste qu’à compiler des
textes épars et ne constitue donc pas un texte d’orientation qui
poserait une nouvelle législation. Même si cela représente un progrès,
ce n’est pas suffisant. De même, une circulaire qui fixe des
déclarations de bonnes intentions n’est pas suffisante car cela n’a
aucune valeur coercitive. Une loi est donc indispensable et il serait
préférable que ce texte vienne de l’Exécutif. Étant membre de la
commission des lois, elle tient à rappeler que son président, Monsieur
Jean-Jacques URVOAS, a déjà rédigé un texte qu'il pourrait être
intéressant d’étudier. Enfin, elle attire l’attention de la ministre sur
une situation
concernant le Pays basque : la délibération de la
commune d’Hendaye de financer la construction d’une école gérée par la
fédération Ikastola fait actuellement l’objet d’un recours devant le
tribunal administratif. Une question prioritaire de constitutionnalité
(QPC) va être posée au sujet de la rupture d’égalité induite par la loi
Falloux, celle-ci interdisant aux collectivités locales de financer le
1er degré alors que celles-ci peuvent participer à la construction
d’établissements du second degré. Mme CAPDEVIEILLE estime qu’il est donc
nécessaire de légiférer.
Mme Virginie DUBY-MULLER tient à
dénoncer les embuches rencontrées par les élèves souhaitant suivre les
options de LR. Elle demande que cette information remonte jusqu’au
ministre de l’Éducation nationale.
M. Jean-Pierre ALLOSSERY rappelle qu’il existe déjà une PPL et qu’il conviendrait de la cosigner.
M.
Armand JUNG confirme que cette PPL, déjà cosignée par de nombreux
membres du GE, avait été déposée sur le bureau de l’Assemblée nationale
sous la 13ème législature.
Mme Aurélie FILIPPETTI retient
donc le fait qu’il existe un vrai débat sur la nécessité de faire une
loi ou pas. Elle comprend l’intérêt d’une telle loi, qui aurait ainsi le
mérite de susciter le débat. Elle ajoute qu’il ne tient qu’aux
parlementaires de s’emparer de cette question. Il faudrait alors que
cela dépasse le cadre du GE. Elle tient toutefois à rappeler qu’une loi
serait essentiellement de l’ordre du symbolique car elle serait
essentiellement déclarative. En effet, elle estime qu’une portée
normative risquerait d’entrer en contradiction avec la Constitution. Or,
le choix a été fait de ne pas toucher aux articles 1, 2 et 3 de la
Constitution. À partir de ce moment-là, il est impossible d’introduire
au sein de la Constitution un article précisant que la France peut
ratifier la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. En
effet, le préambule de cette Charte, qui en est inséparable, entre en
contradiction avec les trois premiers articles de la Constitution. De
plus, une réserve d’interprétation est inenvisageable sur cette
question. L’adoption d’une loi normative perd donc de son sens dans ces
conditions.
Mme FILIPPETTI rappelle donc qu’elle est favorable à
la solution qui consiste à rassembler au sein d’un code toutes les
mesures existantes. La force normative sera donnée par le SGG. Entre
temps, elle va faire publier un code d’édition.
Elle ajoute
qu’elle informera M. Vincent Peillon des remarques et demandes formulées
au sujet de l’Éducation nationale lors de la réunion.
Enfin
concernant la signalétique, elle rappelle que les inscriptions bilingues
sont déjà autorisées. Cela est donc une preuve supplémentaire qu’il
convient essentiellement de faire connaître le droit existant.
M.
Armand JUNG conclut la réunion en rappelant qu’il reste désormais à
redonner espoir aux associations de défense des langues régionales.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire